8 juin 2016

Todoroki Keikoku: Une coulée verte en plein Tokyo



Malgré l'amour inconditionnel que ma mère et moi portons à la capitale japonaise, il faut se rendre à l'évidence: Nous ne sommes pas faites pour le centre ville.
Originaires de la campagne profonde, nous n'avons pas l'habitude du tumulte et du bruit incessant des rues principales, et si nous le supportons bien volontiers pendant quelques jours, il y a toujours un moment ou nous souhaitons un peu plus de calme.

Contrairement à ce que l'on pourrait imaginer, Tokyo dispose de pas mal de "poumons verts" dont les plus connus restent les énormes parcs de Shinjuku, Ueno et Yoyogi.

(je m'excuse d'avance pour les photos jaunâtres, je ne sais pas trop ce qu'il s'est passé ce jour là, mais le dieu du réglage n'était pas de mon côté)






C'est notre recherche d'une atmosphère plus relax qui nous poussa à nous rendre dans un quartier beaucoup moins connus que ceux cité précédemment, dans lequel se trouve la mystérieuse "coulée verte".
Rassurez-vous, il se s’agit pas là d’une maladie contagieuse peu courante, mais bien d'une tranchée de verdure en contrebas de la ville, longée par une petite rivière et de nombreux sanctuaires.

Longue de quelques centaine de mètres, cette balade donne incontestablement l'impression de s'enfoncer dans une petite jungle hors de la ville, débouchant sur le Todorokifudoun temple bouddhiste peuplé par quelques rares japonais en mal de quiétude.






Même si l'endroit n'était pas aussi magique qu'une réelle escapade en pleine nature, il a le mérite de permettre à ses visiteurs de souffler tout en découvrant un endroit prisé des tokyoïtes, et beaucoup plus confidentiel que les parcs et jardins présent dans les quartiers du centre.
Enfoncé de quelques mètres dans le sol, aucun immeuble de la capitale n'est visible du chemin, ce qui rend encore plus l'impression d'être hors de la ville.





Terminant notre balade dans un petit quartier résidentiel, nous nous sommes laissées porter par les rues escarpées jusque dans un jardin public vide de toute présence humaine, mais rempli de lys et de petits pavillons de bois. 

Si la chaleur écrasante nous a quelque peu ralenti dans notre course, la balade dans ce quartier peut se faire en une petite matinée, et est donc un bon plan pour prendre une bouffée d'air frais en pleine mégalopole.


Petite anecdote


Alors que je prenais des photos du Todoroki fudo, ma mère arriva à ma hauteur des larmes plein les yeux. Je priais intérieurement pour que ça ne soit pas le résultat -tellement habituelle- du souvenir de films à l'eau de rose, bourrés de bons sentiments, dont elle avait eut le souvenir immédiat. J'étais déjà prête à l'arrêter dans son élan quand elle me présenta sa main pleine de bonbons au goût inconnu, m'expliquant que ceux-ci lui avaient été offert par trois petites vieilles installées un peu plus loin. Elle termina son histoire en déversant l'équivalant de 3 ans de liquide lacrymal, assez pour ouvrir une piscine municipale.

Je ne comprendrais jamais comment une femme telle que ma mère, si autoritaire et pointilleuse, peut se transformer en boule d'émotions à la moindre photo de chaton ou geste gentil de petite vieille. Le mystère reste entier...







Comment s'y rendre?

Prendre la ligne de train Tokyo Oimachi et descendre à l'arrêt Todoroki (Non JR pass).
Marcher ensuite pendant deux minutes en suivant les panneaux indicatifs

Combien ça coute?

Gratuit

Que dire d'autre?

La traversée prend environ une heure et débouche sur un très joli temple. 
Le parc est ouvert tous les jours mais plutôt encombré le weekend. Mieux vaut vivre cette expérience en semaine.